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Les rencontres du KLTI Aix, Arles et Avignon

Durant trois jours, dans des lieux et des circonstances bien différentes les unes des autres, les publics des villes d’Aix-en-Provence, d’Arles et d’Avignon ont pu découvrir les auteurs coréens YI In-seong et JO Kyung-ran, les critiques littéraires et traducteurs JEONG Myeong-kyo, Jean BELLEMIN-NOËL, Claude MOUCHARD et l’éditeur Philippe PICQUIER. Les rencontres étaient animées par Jean-Claude de CRESCENZO

Une première journée à Avignon, le 4 mai, à la Médiathèque Ceccano, cinquante personnes ont pu découvrir la littérature coréenne, où sous l’impulsion de Nadine Foissac, la responsable des animations, un travail préalable avec les lecteurs de la Médiathèque avait été entrepris le mois précédent, soulignant ainsi l’irremplaçable travail de médiation des acteurs de la lecture publique. Le lendemain à Aix en Provence, avec le concours d’Écritures Croisées et de sa directrice Annie Terrier, auteurs et critiques allaient à la rencontre de 180 personnes attentives à ne rien perdre de ce qu’auteurs et critiques disaient de leur travail ou de la littérature coréenne. Enfin, le lendemain à Arles, au Collège International des Traducteurs Littéraires, dirigé par Jörn Cambreleng, où un public passionné par les questions de traduction pouvait dialoguer avec les intervenants autour de la littérature coréenne et de sa traduction.

Jo Kyung-ran, Mise en bouche

Il a fallu 16 ans pour voir naitre la traduction de mon roman en français. C’est pour moi comme un rêve qui se réalise, tout comme celui de visiter la France.

J’aime écrire sur les choses inhabituelles et incomprises par l’homme, comme les sens, le plaisir, la joie. Il n’y a aucune recherche de plaisir extrême à travers l’écriture, celle-ci est un moyen de découvrir l’ombre et la souffrance. Lorsque j’écris, je m’interroge sur les choses que j’ignore.

J’ai pour ainsi dire commencé ce roman il y a 16 ans, j’étais alors très jeune auteur et la recherche du Beau, de la perfection, et de l’amour parfait était très présente dans mon écriture. Depuis, j’ai beaucoup évolué. Mais, tout n’a pas changé, puisque par exemple j’ai gardé mon intérêt pour la nourriture. Après mes débuts littéraires, mon intérêt pour la cuisine n’a fait qu’augmenter et j’ai appris à faire du pain. Mon premier roman s’intitule Le temps de cuire le pain. J’ai toujours eu envie d’écrire sur les sens et la nourriture.

Aujourd’hui mon écriture est différente, je ne cherche ni perfection ni amour parfait. Je crois que l’amour tout seul est vraiment réalisable.

Les sens ont une importance réelle dans l’écriture puisque que les sens, c’est la vie.

Mise en bouche est une histoire simple : une jeune femme apprend la cuisine italienne et cherche à atteindre la perfection dans ce domaine. Le dernier chapitre surprend le lecteur puisque différentes conclusions sont possibles.

Il était important de prendre du recul, par rapport au style d’écriture, mais aussi par rapport aux impressions de la narratrice.

La littérature coréenne est sans doute difficile à comprendre pour les lecteurs français.

En général, je tente de m’éloigner des sujets qui touchent aux choses familières puisque pour en parler on manque de recul, et on se laisse guider et submerger par les sentiments. Il faut garder une distance entre les narrateurs et les lecteurs. Parfois c’est moi qui écris, mais parfois ce sont les personnages eux-mêmes qui me guident, en prenant leur propre autonomie ; certains personnages sont parfois absents, s’effacent… Malgré le plan de départ, la route des personnages est parfois hésitante.

 

Yi In-seong, Saison d’exil, Interdit de folie

A la lecture de vos deux romans, on peut avoir comme le sentiment que le narrateur a comme but de rendre le lecteur intelligent, en le faisant coécrire. Quelle est alors la position de l’auteur ?

Mon ambition n’est pas de rendre le lecteur intelligent, mais de me rendre intelligent moi-même.

L’incertitude prend une place considérable dans votre écriture, ce qui peut surprendre le lecteur…

Malgré les apparences, il y a une histoire dans mes romans. Il y a toujours une histoire quand on écrit. Pour ma part, je ne me limite pas à une seule histoire. Chaque fait a différentes façons de se passer, donc il y a plusieurs histoires. Quand j’écris, je veux tout montrer, toutes les possibilités en même temps. C’est pourquoi mes histoires sont plurielles. Je veux montrer mon imaginaire dans son intégralité.

 

On a dit que vous mettiez environ 3 mois pour écrire l’histoire et 5 ans pour la corriger ?

Le travail que je fais n’est pas vraiment gagnant en Corée, puisque les lecteurs évitent les livres difficiles. Mais, je crois que l’avantage de mes livres, c’est que l’on n’est pas obligé de tout lire d’un coup, il est possible de les lire fragments par fragments.

Cette écriture fragmentée est-elle voulue, ou est-elle le résultat de l’impossibilité de faire autrement ?

C’est plutôt ambigu. Au début d’un roman, il y a les premiers indices seulement, autrement dit un projet vague, non structuré, quelques notes. Puis, c’est la perdition dans les mots, et cette période peut durer 5 ou 6 ans. C’était le cas à mes débuts, mais maintenant je dirais plutôt qu’il me faut environ 10 ans pour trouver les mots. Si le projet est fixe au départ, j’ai l’impression de mentir : c’est ce qui fait ma façon d’écrire. Il est vrai que le roman est par définition de la fiction, et donc du mensonge, mais celle-ci est plus vraie que le mensonge. Pour attirer et plaire au lecteur, il faut être au-delà des mensonges.

Dans vos romans le lecteur se retrouve immédiatement devant la réalité. Pourquoi ?

En fait, je ne sais pas écrire autrement. Pour passer d’une phrase à l’autre, je pense au pourquoi de l’enchainement. Cela amène à des retours en arrière, qui sont parfois impossibles et mènent à des renoncements : c’est alors la fin des romans.

 

Vous reconnaissez-vous dans cette part de français qui croient avoir été coréens dans une vie antérieure ?

Claude Mouchard

Disons que j’espère plutôt être coréen dans une prochaine vie.

J’aimerais parler du point de vue de la poésie. Le roman Interdit de folie de Yi In-seong a pour thème l’écriture poétique. Chaque partie du texte est précédée d’un poème coréen. Aujourd’hui en Corée, il y a d’admirables poètes, et la puissance de la poésie est aussi présente dans les romans, dans le cinéma. Nous pouvons prendre l’exemple du film Poetry, qui a reçu le prix du scénario à Cannes en 2010. En France, nous avons peur de la poésie. De même, pour parler de l’héroïne qui a la maladie d’Alzheimer, il faut user d’euphémismes dans les sous-titres.

Ce qui m’a amené à travailler sur la poésie coréenne, ce sont les nombreux étudiants coréens que j’ai eu en cours de littérature française à Paris. Ceux-ci ont fait preuve d’une énergie et d’une générosité incroyable pour apporter leur propre littérature et la faire découvrir. Ils ont même fait venir des écrivains coréens en cours. C’est alors que nous avons commencé à traduire ensemble. Les poèmes et les romans coréens sont uniques, et je crois que la puissance poétique en Corée vient de la générosité des coréens.

Il y a plusieurs éditeurs français qui publient de la poésie coréenne traduite, comme les éditions Belin, Circé, William Blake… La poésie de Yi Sang, grand poète coréen du début du XXème siècle, rappelle celle de Rimbaud. La revue poésie prépare un numéro spécial poésie coréenne, qui contiendra une anthologie de poésie coréenne contemporaine.

Comment décrire les échanges littéraires entre la France et la Corée ? Quelles sont les différences et les points communs ?

Jeong Myeong-gyo

La littérature française est plus forte, elle utilise plus de substantifs alors que les coréens préfèreront les adjectifs. Les français ont besoin d’une structure de l’histoire claire, alors que les coréens accordent aussi de l’importance à l’ambiance générale.

 

Colloque du LIT Korea, Aix-en-Provence

5 mai 2011

 

Débat entre littérature française et littérature coréenne.

 

Claude Mouchard, Jeong Myeong-gyo.

C.M. Vous avez une position importante en tant que critique littéraire en Corée. Et ce qui est remarquable, c’est que vous êtes aussi un vrai critique de poésie. Si l’on en trouve en Corée, c’est beaucoup plus rare en France.

J.M.G. Une autre personne remarquable, c’est monsieur Philippe Picquier. J’imaginais un homme âgé qui aurait découvert la littérature coréenne sur la fin de sa vie, mais j’ai été assez choqué de me trouver en face d’une personne jeune, alors que les traductions de la littérature coréenne se font depuis une vingtaine d’années.

C.M. Pouvez-vous nous parler du critique littéraire qui reçoit la littérature nouvelle.

J.M.G. Vous posez de curieuses questions, est-ce par jalousie ?! Il est vrai que les coréens aiment la poésie et en lisent. D’ailleurs, en Corée, nous sommes tous poètes comme les brésiliens sont tous footballeurs ! Cependant, avec l’industrialisation, de moins en moins de personnes lisent de la poésie.

C.M. Dans un précédent numéro de la revue Europe sur la littérature coréenne, le rapport entre la littérature coréenne du XXème siècle et l’histoire du pays a été clairement exprimé. Alors, l’ignorance du lecteur français peut-elle se transformer en problème de compréhension ? On a l’impression de faire face à une périodisation de la littérature.

J.M.G. L’écriture littéraire, c’est l’établissement d’un sujet qui gère son destin seul. La poésie est elle-même l’histoire de l’évolution. Les coréens ont autant de difficultés puisque le sujet n’arrive pas à gérer son propre destin. En effet, le destin des personnes est lié au destin national, et ce lien est projeté dans la littérature. La littérature moderne est nationaliste et collectiviste. Peut-être les impressions des lecteurs français sont-elles différentes. Pour vous, la littérature traite de l’existence individuelle, une extraction de la vie communautaire. La littérature doit se libérer de la collectivité, mais en Corée ce n’est pas toujours le cas. En Corée, l’individu c’est aussi le peuple et la collectivité. Aujourd’hui, avec la démocratisation, il y a de plus en plus de réflexions sur les liens entre l’individu et la nation, entre l’individu et le peuple. Pour moi, la littérature coréenne actuelle se situe entre la communauté et les individus. Elle tente de porter une réflexion sur la relation entre les deux. Cela parait sans doute abstrait, pour comprendre il faut lire des textes coréens. Par exemple, l’écriture de Yi In-seong est difficile mais personnelle. C’est un exemple qui résume la situation. Comme il l’a lui-même expliqué en une seule phrase, il faut tout déballer d’un coup.

C.M. Voilà une saisie globale fascinante. Pour finir, j’aimerais lancer une invitation à lire de la poésie coréenne. Celle-ci est bien trop peu lue en France.

J.M.G. Pour conclure, je pense que la découverte d’autrui est toujours intéressante, tout comme l’est celle de la poésie d’un autre pays. C’est ce que tentent de faire les écritures croisées. Le mot croisé est important en coréen, il se termine par le son « ch’a », qui signifie aussi voiture. Cela montre l’importance des échanges. Il faut à la fois des passages et des voitures, sinon l’ensemble est triste. C’est pourquoi il faut être soi-même et autrui. Un français doit être un peu coréen, et un coréen un peu français. J’espère qu’il y aura de plus en plus d’échanges et de rencontres entre nos deux pays et nos deux littératures.

 

Yi in-seong, Jean Bellemin Noel.

J.B.N. Je te connais et te traduis depuis 10 ans. Je connais tes écrits, mais je m’aperçois que je ne sais pas comment tu travailles. Je sais comment Zola travaillait, comment Proust travaillait, mais toi non. Je voudrais donc te questionner là-dessus.

Y.I.S. Je veux commencer par m’excuser. Je me suis rendu compte hier lors de la rencontre à Avignon que je répondais avec beaucoup de balbutiements. Je suis désolé si c’est encore le cas ce soir. Il y a longtemps, j’ai écrit dans un essai que la littérature était balbutiements. L’éloquence, ce n’est pas de la littérature. Beaucoup d’éloquence et une grande maitrise de la langue, ce n’est pas de la littérature. La littérature est une recherche qui s’effectue en tâtonnant. Quand j’écris, ce sont mes hésitations qui incitent d’autres mots et d’autres expressions. C’est ainsi que j’avance, par tâtonnements dans l’inconnu. Le titre coréen original de Saison d’exil pourrait se traduire littéralement par « aller vers un monde inconnu ». L’écriture ne doit pas suivre une structure fixe préparée à l’avance, mais aller vers l’inconnu et tâtonner dans l’obscurité.

J.B.N. On dit que l’inspiration est une pulsion de l’inconscient. A un certain moment, quelque chose se déclenche en toi. Quel est ce moment où cette image tâtonnante apparaît ?

Y.I.S. Cette question n’est pas facile du tout. J’écris sans fixer de structure. Par exemple, une photo peut m’apporter quelque chose, puis bouger et devenir un roman. Cela reste très abstrait. Pour Interdit de folie, je me suis inspiré de quelque chose qui m’est réellement arrivé. Une folle de Namwon est venue à pieds pour me voir. J’ai eu très peur, et j’y ai pensé : cela a engendré mon roman. Je me suis demandé pourquoi elle était folle, et ce qu’il se passerait si moi aussi je devenais fou. Mon imaginaire a ensuite développé ce roman sans arrière-pensée. Je me suis demandé comment cela se passait lorsqu’on devenait fou. Puis, j’ai mis cette question en commun avec différents épisodes collectés par la suite.

J.B.N. D’accord. Il semblerait que tu écrives très vite l’essentiel et que les corrections prennent des années, comme une mise en forme de pensées successives et disparates.

Y.I.S. J’aimerais corriger ce point. C’est un journaliste qui a dit cela sur moi. Peut-être cela a-t-il été mal compris… Mais je nie définitivement !

Philippe Picquier, Jo Kyung-ran.

P.P. Je voudrais commencer par faire un aveu sur Mise en bouche. Je n’aime pas trop le titre. La traduction littérale du titre original est « langue ». C’est un livre qui a tout pour séduire : il parle de cuisine sans être un livre de cuisine, de rapport à l’érotisme sans être un livre de séduction. Vous avez écrit une douzaine de romans, un seul est paru en français, ainsi que quelques nouvelles. J’ai un deuxième aveu à faire. Ce n’est pas facile de publier de la littérature coréenne, et c’est plutôt lent. Et un troisième aveu, je regrette de ne pas avoir publié ce roman. C’est un livre qui parle d’oignons, de foie gras, d’amour, d’invention de recettes de cuisine… Je le trouve assez français !

Quelques mots sur l’histoire avant de poser ma question. Il s’agit d’une jeune femme qui a une peine de cœur après une séparation. Elle frôle le désespoir, mais aime la cuisine et est cuisinière dans un grand restaurant. Elle pense à son ex, à celle qui lui a volé son ex, et cherche à retrouver le goût de vivre par la cuisine. Maintenant, ma question : dans le roman, c’est écrit que « l’amour et la cuisine sont deux choses distinctes mais pour moi, elles n’en font qu’une seule. » La cuisine n’est-elle pas liée à une forme de générosité ? Pourtant, dans le livre, ce n’est pas un ‘festin de Babette’ mais plutôt un sentiment de désarroi. La solution de l’héroïne est tournée vers elle-même, à la façon d’un don de soi, d’une vengeance que l’on recherche. Il existe donc une distorsion entre la cuisinière généreuse et le désarroi de la jeune femme. Le roman est en fait bien plus sombre que ce qu’il ne parait.

J.K.R. En fait, par rapport à la question du titre, « langue » en coréen, il y a une histoire. Quand j’ai terminé d’écrire ma première version et que je l’ai proposée à l’éditeur, il y a eu beaucoup de discussions par rapport au titre. Moi, je n’étais pas d’accord avec eux, je trouvais ce titre trop direct, trop sûr, il n’exprimait pas assez le contenu hésitant du livre. Mais, ils ont gagné, et je n’ai pas pu imposer d’autre titre. Cela fait maintenant 4 ans, donc je commence à oublier, mais je partage votre contrariété à propos du titre.

Quand j’écris, je me demande ce que je peux apporter au lecteur, ce que nous pouvons échanger. Ni de la contrariété, ni du bonheur. Il y a souvent des problèmes avec la fin, la conclusion dérange beaucoup de monde, surtout si elle est lue avec en tête l’idée que l’histoire est vraie. Il est possible de la lire autrement. Le roman a son propre destin. Ce sont les personnages qui amènent la conclusion, pas l’écrivain. La narratrice est chef cuisinière, elle recherche l’amour parfait, elle vise la perfection absolue à travers la cuisine. C’est elle qui a entrainé la conclusion, pas moi. Je vous invite à le lire pour vous faire votre propre idée.

P.P. Précédemment, vous avez parlé d’«avancer en hésitant ». J’aime cette façon de dire et d’écrire. On passe de la réalité à l’interrogation, d’une scène à l’autre. Il en ressort comme une impression de désarroi permanent. C’est la même chose pour la jeune femme de la nouvelle J’avais acheté des ballons, elle est jeune, perdue, retrouve le goût de vivre en gonflant des ballons. Tout en gardant un pied dans le réel, le personnage essaye de s’échapper. Est-ce plutôt un essai de transformer le réel, ou une tentative pour s’échapper ?

J.KR. J’ai l’impression qu’il y a deux questions en une seule. Je suis devenue romancière à 28 ans, mais on premier souhait était de devenir poète. J’ai passé ma jeunesse seule jusqu’à l’âge de 26, où j’ai décidé d’entrer à l’université pour apprendre à écrire des poèmes. L’écriture poétique, c’est le génie du langage. J’ai eu plein de problèmes dans ma vie, alors je suis devenue romancière.

Par rapport à ma façon de faire les phrases, je dirais que je ne suis pas quelqu’un qui se laisse aller ; en écriture j’aime la rigueur et l’exigence. Je n’aime ni lire ni écrire les phrases qui manquent de travail. J’essaye de tisser des liens entre chaque phrase, et si aucune image n’est évoquée, je change de phrase. Je ne veux pas écrire des phrases faciles. Evidemment ces autres écritures ont-elles aussi leurs propres ambitions. Les lecteurs doivent trouver la réponse eux-mêmes. Mon père était charpentier et il lui fallait beaucoup de travail pour polir le bois. Je voulais travailler comme lui.

La nouvelle J’avais acheté des ballons qui va sortir chez Picquier est une sorte d’essai philosophique, sur les questions de la vie et de la mort. Je crois que la peur est le thème principal de cette nouvelle. J’aime m’entretenir avec les gens, savoir ce qu’ils aiment, ce qui leur fait peur. Ici nous sommes dans un amphithéâtre. Je suis arrivée en avance, mais il m’a fallu du courage pour arriver jusqu’à la tribune. Même si j’ai l’air bien, j’ai très peur des escaliers. J’ai aussi peur des sous-sols ; je ne vais pas dans les bars situés en sous-sol, et je prends rarement le métro. Oui, je suis idiote. J’ai aussi d’autres peurs plus profondes, comme la peur de la communication, la mort. Vous, je ne sais pas de quoi vous avez peur. Dans cette nouvelle, je parle de panique. Le personnage n’est pas parfait et il se laisse désirer. Il a très peur, et lorsqu’il est pris de panique, il a du mal à respirer et gonfle des ballons pour retrouver son souffle. Les personnes qui le regardent le voient reprendre son souffle. Cela représente donc une sorte d’espoir dans un monde entre la vie et la mort, non, entre la vie et l’espoir. Dans une journée, on peut avoir plein de problèmes, mais parfois certains moments brillent. La vie est faite ainsi.

P.P. Pourquoi l’héroïne est si érudite ? Elle sait beaucoup de la cuisine, vous aussi ? Egalement, j’aimerais faire une petite suggestion. Dans le roman il est question d’un plat de langue avec une sauce au citron. Pourquoi une sauce au citron, et pas une sauce ravigote ? Je trouve que c’est meilleur !

J.K.R. Si mon héroïne est érudite, moi je suis quelqu’un d’ignare, je ne sais vraiment pas grand-chose. Pour écrire je fais un long travail de documentation. Pour ce qui est des recettes, je suis prête à en échanger avec vous, j’en connais plein !

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