Jeunesse Petits

Tam tam boum boum

Illustrations de KIM Jong-do. Traduit du coréen par LIM Yeong-hee et Françoise Nagel.  Editions Philippe Picquier, 2011. D’après une comptine coréenne traditionnelle.
Tam Tam Boum Boum,Illustrations de KIM Jong-do. Traduit du coréen par LIM Yeong-hee et Françoise Nagel. Editions Philippe Picquier, 2011. D’après une comptine coréenne traditionnelle.

Tam tam boum boum, tam tam boum boum ! Maître Renard a sorti son tambour des grands soirs, et quand la lune, ronde et brillante paraît dans le crépuscule, la danse de la première nuit peut commencer. Une grande ronde qui page après page entraîne le jeune lecteur à la découverte d’un monde fantastique où les animaux frappés tam par un coup tam de baguette boum de tambour boum, sont transformés pour trouver leur juste place dans le monde !

D’éclairs blancs et étincelants en pas de deux sautillant, de page en page le magicien Kim Jong-do nous entraîne dans une ronde ensorcelante avec l’ours, lutteur, et le lapin, voleur ; la pie, sculpteur et la cigogne ? facteur ! Et Maître Renard, le grand ordonnateur, danse la gigue et donne le « la ». Au son du tambour, dans la nuit profonde, les animaux dansent et le monde prend forme : c’est la première nuit, c’est la nouvelle lune, et dans le rythme, la comptine se déroule et nous emporte.

Sur la dernière image, le matin s’est levé. Tout est calme, dans la lumière douce de l’aube. Chacun est à sa place. On n’entend plus que le doux frémissement des premiers chants d’oiseau …

Un album splendide, qu’on ne se lasse pas de lire et relire tant est forte la magie d’une illustration étonnante, fine, précise, très évocatrice. Un ensemble à l’encre de Chine et au fusain, des découpages, des pochoirs peut-être, pour créer cette illusion de bouleversement nocturne, cette révolution de la Pleine Lune, marquées d’éblouissements lumineux. Des doubles pages saturées par une histoire qui se passe de mots, où le rythme sonne  dans chaque geste dessiné, dans chaque attitude volée. Et lorsque le bleu teinte timidement d’une aura transparente la lune dans le matin naissant, les rêves de la nuit s’effacent, fantômes blancs,  laissant la place au dessin délicat mais réaliste du petit matin, dans la forêt. Quel enchantement…

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