Jeunesse Petits

Le lièvre et le roi-dragon

 Texte de LIM Yeong-hee Illustrations de PARK Chul-min Editions Chan ok / Flammarion, 2011.
Texte de LIM Yeong-hee Illustrations de PARK Chul-min Editions Chan ok / Flammarion, 2011.

Voici un album à découvrir avec les plus jeunes.

Au fond de l’océan, dans son palais merveilleux, le roi-dragon se meurt. La maladie qui le ronge n’a qu’un seul remède : le foie du lièvre de la montagne –diamant. La tortue se met aussitôt en route pour ramener l’animal sans délai. Elle usera de ruse pour l’entraîner avec elle dans les profondeurs, mais le lièvre n’ayant pas plus tôt été informé de son funeste destin, va à son tour, trouver un subterfuge pour échapper à la mort. « Tel est pris qui croyait prendre ! »
Le conte est important, il appartient au répertoire coréen, mais l’atout principal de cette édition réside dans les merveilleuses illustrations de Park Chul-min, probablement des aquarelles. Cette couleur qui noie la page , ou que la page absorbe comme un buvard, donne aux évocations du monde sous-marin une atmosphère troublée, tremblée, liquéfiée, parfois transparente, un peu inquiétante. Les silhouettes sont fermement marquées , contournées d’un trait plus sombre, qui souligne leur mouvement, et toujours cette ondulation née de l’environnement aquatique. Il y a comme une sorte de mollesse dans le mouvement, qui disparaît dès lors que l’histoire se déroule sur la terre ferme. Là , les évocations animalières, le tigre, la renarde , rappellent les gravures coréennes anciennes. Le côté un peu « patelin » du personnage de la tortue, un vieux sage pas si gentil que ça, installe la circonspection nécessaire : que va-t-il se passer ? Seul le personnage du lièvre garde une apparence plus « enfantine », car il est celui que l’on trompe, mais qui saura s’en sortir.

Certains décors, ou scènes sont carrément encadrées d’un épais trait d’encre noire qui les figent et mettent l’accent sur l’instant. Les tons pastels, rose, ocre, bleu sont à la fois dilués mais aussi parfois intensifiés, foncés, créant ainsi plus de contrastes qui attirent le regard d’une façon assez directive.

On le comprend, cet album ne peut laisser indifférents ni le lecteur, ni l’auditeur assis près de lui : cette représentation de l’univers du royaume sous-marin est tout à la fois l’expression admirable du talent de l’illustrateur, et sa marque, indélébile, sur le conte, qui fait que le souvenir du récit restera toujours nimbé de la lumière si particulière de sa mise en images.

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