Petits

Le tapir aux pas de velours

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Le tapir aux pas de velours
de KIM Han-min
Editions Cambourakis

Filant sur leurs petites pattes agiles,  à petits pas rapides et furtifs, ondulant de tout leur petit corps rondouillet, ils traversent toute la forêt, se glissent dans tous les interstices, nichent entre les racines, nagent silencieusement dans le fleuve. Infatigables et précautionneux, ils restent à l’écart et respectent leurs voisins. Ils se fondent dans le décor, et l’on joue plus d’une fois à les chercher dans l’image, Maman Tapir glissant, blanche et grise comme une ombre, et entraînant son petit tapir dans sa course. Mais les prédateurs guettent, et la panthère attaque !

Chaque évènement de l’histoire est servi par la mise en espace de l’illustration. Une double page permet de suivre la pérégrination des héros dans la jungle et d’imaginer sa durée, une succession de pages simples illustre l’attaque surprise de la panthère comme autant de plans d’un film avant montage. Le rythme créé par ce choix narratif entraîne le récit et celui qui l’écoute. Pour le lecteur, il n’a qu’à se laisser guider. Il observe, il fouille du regard, il s’émeut, il a très peur, éclate de rire et s’enthousiasme au fur et à mesure.

Les illustrations à l’aquarelle saisissantes, puissantes, mais sans agressivité, laisseront une empreinte esthétique dans l’esprit du petit lecteur, à qui on lira et relira cette histoire. Elles proposent à la fois l’image de la jungle et son atmosphère en créant un véritable encadrement de feuillages et d’ombres mystérieuses, en a-plats de noir et de couleurs de terre, gris, ocre, et même une gris très doux pour l’eau du fleuve. Dans ce théâtre, les mouvements et les cris des animaux de toutes sortes sont suggérés par l’envahissement de la page, le bouleversement de l’atmosphère par celui d’une occupation chaotique. Un capharnaüm qui prête à rire comme les trois silhouettes reprises en couverture de l’album, les proies et le prédateur adoptant la même attitude précautionneuse pour fuir sur la pointe des pattes.

Cet album est la merveilleuse preuve de la magie de la littérature enfantine. Comme chez les plus connus sous nos latitudes, Tomi Ungerer par exemple, mais aussi Olga Lecaye, le récit et l’illustration de Kim Han-min entraînent le lecteur dans une aventure dont les rebondissements n’en finiront pas de l’enthousiasmer. Un auteur que les amateurs souhaiteront retrouver.

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