Jeunesse

Bonjour l’ami

Bonjour l’ami
KANG Full
Editions Philippe Picquier

Le long des rues étroites de Séoul, les petites maisons s’imbriquent bien serré pour se tenir chaud sous la neige. Kang Full dessine chaque mur, chaque porte, chaque toit enneigé, qui laisse à découvert les volutes des tuiles bleues, chaque fenêtre à barreaux, chaque enseigne de boutique, tous ces détails d’un environnement proche auquel on ne prête pas toujours attention, avec beaucoup de précision et de chaleur. Un univers rectiligne, où chaque élément est souligné par un contour noir et net, où seuls les câbles électriques et les stores commerciaux lourds de neige créent un léger déséquilibre, mais dans lequel tous les angles sont adoucis, comme polis par la neige ouatée. Des couleurs chaudes plein les pages pour une nuit froide et bleue, des flocons comme des étoiles, et dans la neige fraîche, les traces de pas d’un petit garçon s’intercalent dans celles d’un chaton. Il fait nuit, et pourtant ces deux-là se promènent, ils explorent le quartier, s’enfoncent dans des ruelles étroites, parfois sans issue. Ils cherchent la maison du chaton, et se retrouvent face à face avec un gros dogue grognon, un chat noir solitaire et menaçant, et une petite souris affolée. Les personnages tout en rondeurs, à la mine naïve et sage à la fois, sont autant de reflets de l’enfance. Les illustrations occupent diversement les pages en guidant le regard du lecteur. Le texte, simple et précis, profite d’une police de caractères qui évoque la finesse d’une écriture à la plume. Grâce à la gentillesse de l’enfant, chacun se détend et accepte de faire connaissance. L’enfant et le chaton se séparent, le petit garçon retrouve son chemin avec les indications de ses nouveaux amis, le petit chat n’a plus peur tout seul dans la nuit, et va retrouver ses parents.

Une histoire tendre et un bien bel objet que cet album pour les petits, qui pourrait bien fasciner les plus grands. Souhaitons que l’incursion de Kang Full auteur reconnu de manhwas, dans l’univers de la littérature enfantine se prolonge par d’autres oeuvres aussi réussies.

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