Sciences Sociales

La Corée sous le charme du podcast littéraire

podcast15,4 millions. C’est le nombre d’auditeurs qui ont téléchargé le podcast « Librairie rouge » en quatorze mois. Les maisons d’édition affichent leur intérêt croissant pour ce phénomène en se lançant de plus en plus nombreuses dans la fabrication du podcast « littéraire ». Effectivement, le smartphone s’est généralisé à une vitesse folle dans le pays du Matin calme. Nombreux sont les lecteurs qui se servent de ce moyen de diffusion pour recueillir des informations sur un ouvrage qui les intéresse. Il n’est plus rare de voir une personne écouter un podcast tout en vaquant à d’autres occupations ou en se rendant sur son lieu de travail, faisant de ce média très simple d’utilisation un outil précieux pour les éditeurs.

Le podcast est une émission radiophonique diffusée par le biais du smartphone ou du PC. Le producteur met en ligne son enregistrement qui sera téléchargé auprès de ceux qui le trouvent intéressant. Il s’agit souvent de fichiers audios peu lourds qui se téléchargent très facilement sur un smartphone.

Selon le classement du podcast à contenu artistique le plus téléchargé publié en juillet 2014, la « Librairie rouge » de la maison d’édition sud-coréenne Wisedomhouse figure en tête du podium, le « Salon du livre Radio » de la maison d’édition Changbi arrive à la 14e place. Présentées respectivement par le critique de film Lee Dong-jin et le professeur Kim Doo-sik, les deux émissions ont certaines ressemblances. Pour chaque épisode, on invite l’auteur du livre sélectionné pour discuter librement, et ce en présence d’un invité récurrent qui fait office de chroniqueur, comme l’écrivain Kim Jung-hyeok ou la romancière Hwang Jung-eun. Cependant, la fabrication du podcast littéraire n’est pas l’apanage des maisons d’édition. Les émissions créées par des écrivains ou des lecteurs remportent aussi un grand succès. À la 3e place figure le plus ancien podcast littéraire, « Temps pour lire », du célèbre écrivain Kim Young-ha, alors qu’à la 15e position se situe la « Lecture séduisante du capitaine rêveur », conçue par le patron d’un café-livres.

Le grand charme du podcast, c’est qu’il pénètre facilement dans le quotidien des jeunes lecteurs pour communiquer avec eux. Wang In-jung, chef du département marketing de la maison d’édition Wisedomhouse, qui s’occupe du podcast « Librairie rouge », a commenté : « Un an après la première diffusion de l’émission, nous avons constaté que notre auditoire était majoritairement constitué de femmes trentenaires, qui sont les plus importants consommateurs de livres. Ce sont principalement les jeunes générations qui s’intéressent aux nouveaux formats de livre et qui adoptent le podcast, les écouteurs vissés aux oreilles, en allant au travail ou sur le chemin de la maison. »

Pour mieux s’adapter au mode de vie citadin, la maison d’édition Munhakdongnae entend faire un podcast dont la durée ne dépasse pas 1h30. La maison d’édition Changbi, de son côté, va mettre en ligne un nouveau podcast chaque semaine. C’est un dispositif qui permettra aux gens qui se rendent sur le lieu de travail de découvrir une nouvelle émission chaque lundi matin.

Contrairement aux émissions hertziennes, le contenu du podcast est moins « sérieux » et tolère un langage plus libre. L’écrivain Kim Ae-ran, qui avait été invitée dans la « Librairie rouge », s’était même inquiétée de ne pas faire rire les auditeurs. Selon Hwang Hye-suk, de la maison d’édition Changbi, un des atouts du podcast réside dans sa formule moderne qui permet de parler librement des livres et de communiquer ouvertement avec les lecteurs.

Elle souligne également que l’effet publicitaire n’est pas le seul bénéfice du podcast. « Si l’on regarde les commentaires publiés sur le site de « Salon du livre Radio », on s’aperçoit dans la plupart des cas que ce sont les lecteurs cultivés qui se passionnent pour la littérature. Le podcast doit être désormais considéré comme un service offert aux lecteurs. Même si l’on parle d’un livre publié par une autre maison d’édition, cela contribue à faire connaître le nom et le caractère de notre maison d’édition et nos livres. Et ce à faible coût. »


Article paru dans le quotidien Hankyoreh. Traduction : Hwang Ji-hae.

%d blogueurs aiment cette page :