Au rythme des saisons Fiction Jeunesse Petits

Quelque chose de merveilleux

Découvrir le rythme des saisons en suivant les transformations d'un arbre, témoin et sujet à la fois, c'est le propos de ce bel album, co-écrit par une auteure coréenne et une plasticienne française renommée.

Dans cet album, c’est d’abord l’art de la plasticienne française Émilie Vast qui séduit le lecteur. Il est d’ailleurs important de noter que la commande a été faite auprès de l’artiste pour une première publication par une maison d’édition coréenne en 2012. Comme lors de la renaissance de la littérature de l’album dans les années 80 en Corée, le travail des illustrateurs français semble donc toujours être une référence. Sept ans plus tard, le titre paraît chez MeMo, l’éditeur d’Émilie Vast, dans une version plus en phase avec l’évolution de son travail. Le sujet en est la vie d’un chêne de Mongolie au fil des saisons, un sujet fréquent dans les livres pour les petits, mais la délicatesse et la poésie de l’univers graphique d’ Émilie Vast font de ce titre-là un indispensable de toute bibliothèque enfantine.

On retrouve, ou on découvre, le nuancier délicat de la plasticienne, qui se déploie en harmonie avec la douceur d’un papier ivoire et mat ; la finesse du trait et du détail pour le dessin des feuilles, des fleurs des bois, s’accorde avec la densité des aplats de couleur pour le tronc de l’arbre, les animaux, conférant à l’ensemble l’aspect d’une réalité stylisée très poétique, qui n’est pas sans évoquer l’imagerie autour de la Dame à la Licorne. La structure de l’album est basée sur la répétition d’un schéma de présentation : page de gauche, une vue générale de l’arbre, à un moment identifié dans le texte descriptif de trois lignes qui l’accompagne, et page de droite, encadré d’un fin liseré noir, l’agrandissement supposé d’un détail (comme dans un « vrai » documentaire), sans texte, ce qui permet de compléter le précédent, de le commenter, c’est-à-dire de personnaliser la lecture de l’album, et donc l’identification et l’appropriation par l’enfant et par le lecteur : un gage de succès et de pérennité pour tout ouvrage pour la jeunesse. À mi-chemin entre l’histoire, portée par les aventures d’un écureuil qui s’installe dans le chêne et y fonde une famille, et l’ouvrage éducatif avec des textes informatifs même s’ils sont à destination des plus jeunes, c’est un album complet, instructif, ludique, poétique et plein d’humour.

De loin en loin revient le refrain « Quel arbre merveilleux ! », titre coréen de l’album, mais le titre français Quelque chose de merveilleux est encore plus intéressant, puisque par la suggestion qu’il exprime, il inspire le désir d’ouvrir le livre et de découvrir ces / ses merveilles. À découvrir, à savourer et à partager, absolument.


QUELQUE CHOSE DE MERVEILLEUX
SHIN SUN-JAE pour le texte, ÉMILIE VAST pour l’illustration.
Éditions MeMo, 32 pages, 16 €.

Documentaliste dans l' Education Nationale, et très impliquée dans la promotion de la littérature pour la jeunesse, j'ai découvert la production coréenne il y a plusieurs années, et j'ai été emballée! Je m'attache donc dans Keulmadang à en partager les délices avec les lecteurs, sans m'empêcher parfois de chroniquer un roman ou une bande dessinée pour les plus grands.

1 Kommentar zu “Quelque chose de merveilleux

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