« Les pères étaient des créatures terrifiantes. Je savais maitriser mes émotions face à la mort et à l’agonie, face aux cris des patients en souffrance. Pourtant, à la moindre remarque désobligeante de mon père, je redevenais une enfant vulnérable. » (p.131)
S’inspirant de l’histoire du prince Jangheon, aussi connu comme le prince Sado, June Hur conte les aventures de Hyeon, une jeune infirmière enquêtant secrètement sur l’assassinat de quatre de ses pairs. Elle sera alors prête à tout pour sauver le suspect officiel, sa mentor Jeongsu, alors que bientôt une rumeur accusera le prince héritier de ce massacre. Dans un monde où la corruption gangrène le palais et ses dirigeants, c’est sur les lieux du crime que Hyeon fera la rencontre de Seo Eojin, un jeune inspecteur de police en quête de justice et de vérité sur l’affaire des meurtres à l’école d’infirmières Hyeminseo.
Au-delà de l’enquête, le récit se construit autour du développement de la relation entre Hyeon et l’inspecteur Seo. Malgré les différences hiérarchiques, en fonction de leur caste et des principes confucéens, les deux jeunes gens semblent trouver un terrain d’entente et leur alliance pourrait bien être la clé qui résoudra tous les mystères.
Derrière une société structurée par des normes strictes, plusieurs histoires parallèles viennent à leur tour témoigner de la souffrance imposée par la hiérarchie, qu’elle soit familiale ou sociale. La relation qu’entretient Hyeon avec son père est aussi un élément fondamental de l’histoire. La jeune infirmière souhaite prouver sa valeur plus que tout mais elle est confrontée à un regard froid et indifférent. Ce lien épineux reflète un barrage commun à beaucoup de femmes, cherchant à briser le moule d’une société favorisant les hommes et dépeignant les femmes comme des objets fragiles devant être entretenus. Hyeon souffre de l’injustice de sa situation au royaume en tant qu’enfant illégitime et œuvre pour accéder au meilleur poste possible, bien que ses objectifs semblent parfois inatteignables, elle redonne de l’espoir même quand tout semble perdu. Devant le courage, l’intelligence et la détermination de cette jeune fille à peine âgée de 18 ans, le lecteur ou la lectrice ne peut qu’envier une telle force de caractère.
« J’avais toujours brûlé de me distinguer aux yeux de mon père par ma conduite irréprochable. C’était ce qui m’avait poussée à me mesurer à des jeunes filles issues de la noblesse […]. D’ailleurs, si j’avais été un garçon, j’aurais passé haut la main le concours de fonctionnaire. » (p.58)
Le Palais de sang vous offrira également un aperçu de ce qu’était la Corée du Joseon. Quelques us et coutumes y sont mentionnés et plusieurs termes coréens apparaissent durant la lecture. Bien que le contexte puisse aider à la compréhension, quelques notes de bas de pages explicatives auraient été bienvenues à certains passages ; le roman relevant de la collection « Jeunesse », il est probable que de jeunes lecteurs n’ayant que peu de connaissances sur le sujet en auraient eu besoin.
Malgré cela, l’immersion dans une Corée corrompue où les secrets vont bon train tiennent le lecteur en haleine jusqu’au bout, le suspense se fait sentir et la légère romance apporte la juste touche de lumière à un roman qui se donne l’allure d’un thriller par certains moments.
Derrière la fiction, June Hur s’intéresse à un épisode tragique de l’histoire de la Corée, celui du prince Sado. Loin de vous laisser sans plus d’informations quant à la réelle inspiration du roman, c’est à la fin du livre que le « propos de l’autrice » vous renseignera sur les événements tragiques de cette période. Bien que sa représentation du prince, dit Jangheon dans le récit, s’écarte de la réalité, plusieurs éléments y sont repris ; créant un personnage parfois effrayant, parfois touchant.
Enfin, pour les plus intéressés sur le sujet, l’autrice partage quelques précieuses ressources utilisées pour la rédaction de l’ouvrage et vous recommande la lecture des Mémoires d’une reine de Corée, offrant le point de Dame Hyegyeong, concubine du prince Jangheon.
Le Palais de sang
June Hur
Bayard, 416 pages, 17,90€
S’inspirant de l’histoire du prince Jangheon, aussi connu comme le prince Sado, June Hur conte les aventures de Hyeon, une jeune infirmière enquêtant secrètement sur l’assassinat de quatre de ses pairs. Elle sera alors prête à tout pour sauver le suspect officiel, sa mentor Jeongsu, alors que bientôt une rumeur accusera le prince héritier de ce massacre. Dans un monde où la corruption gangrène le palais et ses dirigeants, c’est sur les lieux du crime que Hyeon fera la rencontre de Seo Eojin, un jeune inspecteur de police en quête de justice et de vérité sur l’affaire des meurtres à l’école d’infirmières Hyeminseo.
Au-delà de l’enquête, le récit se construit autour du développement de la relation entre Hyeon et l’inspecteur Seo. Malgré les différences hiérarchiques, en fonction de leur caste et des principes confucéens, les deux jeunes gens semblent trouver un terrain d’entente et leur alliance pourrait bien être la clé qui résoudra tous les mystères.
Derrière une société structurée par des normes strictes, plusieurs histoires parallèles viennent à leur tour témoigner de la souffrance imposée par la hiérarchie, qu’elle soit familiale ou sociale. La relation qu’entretient Hyeon avec son père est aussi un élément fondamental de l’histoire. La jeune infirmière souhaite prouver sa valeur plus que tout mais elle est confrontée à un regard froid et indifférent. Ce lien épineux reflète un barrage commun à beaucoup de femmes, cherchant à briser le moule d’une société favorisant les hommes et dépeignant les femmes comme des objets fragiles devant être entretenus. Hyeon souffre de l’injustice de sa situation au royaume en tant qu’enfant illégitime et œuvre pour accéder au meilleur poste possible, bien que ses objectifs semblent parfois inatteignables, elle redonne de l’espoir même quand tout semble perdu. Devant le courage, l’intelligence et la détermination de cette jeune fille à peine âgée de 18 ans, le lecteur ou la lectrice ne peut qu’envier une telle force de caractère.
Le Palais de sang vous offrira également un aperçu de ce qu’était la Corée du Joseon. Quelques us et coutumes y sont mentionnés et plusieurs termes coréens apparaissent durant la lecture. Bien que le contexte puisse aider à la compréhension, quelques notes de bas de pages explicatives auraient été bienvenues à certains passages ; le roman relevant de la collection « Jeunesse », il est probable que de jeunes lecteurs n’ayant que peu de connaissances sur le sujet en auraient eu besoin.
Malgré cela, l’immersion dans une Corée corrompue où les secrets vont bon train tiennent le lecteur en haleine jusqu’au bout, le suspense se fait sentir et la légère romance apporte la juste touche de lumière à un roman qui se donne l’allure d’un thriller par certains moments.
Derrière la fiction, June Hur s’intéresse à un épisode tragique de l’histoire de la Corée, celui du prince Sado. Loin de vous laisser sans plus d’informations quant à la réelle inspiration du roman, c’est à la fin du livre que le « propos de l’autrice » vous renseignera sur les événements tragiques de cette période. Bien que sa représentation du prince, dit Jangheon dans le récit, s’écarte de la réalité, plusieurs éléments y sont repris ; créant un personnage parfois effrayant, parfois touchant.
Enfin, pour les plus intéressés sur le sujet, l’autrice partage quelques précieuses ressources utilisées pour la rédaction de l’ouvrage et vous recommande la lecture des Mémoires d’une reine de Corée, offrant le point de Dame Hyegyeong, concubine du prince Jangheon.
Le Palais de sang
June Hur
Bayard, 416 pages, 17,90€