Une nouvelle tendance littéraire domine ce début d’année 2026, celle des romans à l’origine des webtoons sud-coréens, avec les publications quasi-simultanées de Marry my Husband, Under the Oak Tree et Business Proposal chez OML, Qu’est-ce qui cloche avec la Secrétaire Kim chez Hibiscus, et Seule la mort attend la vilaine chez Kotoon – la pépite de la romantasy sud-coréenne à ce jour.
Seule la mort attend la vilaine est un roman né au cœur de la tendance de l’isekai, un sous-genre de la fantasy japonaise où le protagoniste est transporté ou réincarné dans un autre monde. Ici, c’est dans un jeu mobile qu’est projetée notre narratrice, après ses échecs répétés pour battre le mode Difficile. Voici qu’elle se réveille dans la peau de Pénélope Eckhart, l’antagoniste du jeu. Dans cet univers inspiré de l’aristocratie médiévale européenne, sa survie ne dépendra que de l’affection que les cinq protagonistes masculins lui porteront.
Fille adoptive du duc Eckhart, Pénélope est loin de faire l’unanimité au manoir. Méprisée par ses frères adoptifs et malmenée par les serviteurs, notre héroïne-qui-n’en-est-pas-une est jetée in medias res aux griffes du jeune duc Derrick. Tous les ressorts de l’otome game – « jeu de drague » – se dévoilent lors de cette première rencontre : système de dialogues prédéfinis, taux d’affinité et quêtes secondaires. La narration à la première personne, plutôt fluide et teintée d’humour, permet assez facilement au lecteur de s’y retrouver.
« Le duc était assis à la place d’honneur et, à sa droite, se trouvaient ses deux fils, au-dessus desquels des lettres brillantes flottaient : [Affinité : 10%] et [Affinité : 20%]. Dès qu’il me vit entrer dans la salle à manger, [Affinité : 10%] fronça les sourcils et commença à me lancer des piques. C’était le début du banquet de l’enfer. » (p.272)
Familière avec l’histoire et les obstacles principaux du jeu, notre narratrice s’adapte très vite à son rôle de duchesse hautaine : elle n’hésite pas à asseoir son pouvoir auprès des domestiques qui la maltraitent, tout en feignant la retenue auprès de ses frères adoptifs. Pénélope Eckhart est un esprit vif et une joueuse méthodique. Elle étudie les possibilités et ne perd jamais son objectif de vue : retourner dans le monde réel. Pour elle, il n’est pas question de faire dans le sentimental. Quel plaisir d’avoir une héroïne aussi stratège et indépendante. Chaque prétendant masculin vient quant à lui représenter un archétype populaire du jeu de drague : l’aîné au cœur de glace, le cadet présomptueux, le prince au sang-chaud, le magicien sensible et le chevalier dévoué. Original et prenant, Seule la mort attend la vilaine se hisse sans difficulté en tête des œuvres de « villainess ».
Si vous connaissez le webtoon, la narration ne sera pas de trop pour ajouter à l’œuvre les pensées profondes de Pénélope ; à l’inverse si l’adaptation vous est encore inconnue, ce premier tome d’une pentalogie vous convaincra certainement de vous tourner vers les sublimes dessins de Suol.
Seule la mort attend la vilaine, tome 1
Gwon Gyeoeul
Traduit du coréen par Kette Amoruso
Kotoon Éditions, 19,95€
Une nouvelle tendance littéraire domine ce début d’année 2026, celle des romans à l’origine des webtoons sud-coréens, avec les publications quasi-simultanées de Marry my Husband, Under the Oak Tree et Business Proposal chez OML, Qu’est-ce qui cloche avec la Secrétaire Kim chez Hibiscus, et Seule la mort attend la vilaine chez Kotoon – la pépite de la romantasy sud-coréenne à ce jour.
Seule la mort attend la vilaine est un roman né au cœur de la tendance de l’isekai, un sous-genre de la fantasy japonaise où le protagoniste est transporté ou réincarné dans un autre monde. Ici, c’est dans un jeu mobile qu’est projetée notre narratrice, après ses échecs répétés pour battre le mode Difficile. Voici qu’elle se réveille dans la peau de Pénélope Eckhart, l’antagoniste du jeu. Dans cet univers inspiré de l’aristocratie médiévale européenne, sa survie ne dépendra que de l’affection que les cinq protagonistes masculins lui porteront.
Fille adoptive du duc Eckhart, Pénélope est loin de faire l’unanimité au manoir. Méprisée par ses frères adoptifs et malmenée par les serviteurs, notre héroïne-qui-n’en-est-pas-une est jetée in medias res aux griffes du jeune duc Derrick. Tous les ressorts de l’otome game – « jeu de drague » – se dévoilent lors de cette première rencontre : système de dialogues prédéfinis, taux d’affinité et quêtes secondaires. La narration à la première personne, plutôt fluide et teintée d’humour, permet assez facilement au lecteur de s’y retrouver.
Familière avec l’histoire et les obstacles principaux du jeu, notre narratrice s’adapte très vite à son rôle de duchesse hautaine : elle n’hésite pas à asseoir son pouvoir auprès des domestiques qui la maltraitent, tout en feignant la retenue auprès de ses frères adoptifs. Pénélope Eckhart est un esprit vif et une joueuse méthodique. Elle étudie les possibilités et ne perd jamais son objectif de vue : retourner dans le monde réel. Pour elle, il n’est pas question de faire dans le sentimental. Quel plaisir d’avoir une héroïne aussi stratège et indépendante. Chaque prétendant masculin vient quant à lui représenter un archétype populaire du jeu de drague : l’aîné au cœur de glace, le cadet présomptueux, le prince au sang-chaud, le magicien sensible et le chevalier dévoué. Original et prenant, Seule la mort attend la vilaine se hisse sans difficulté en tête des œuvres de « villainess ».
Si vous connaissez le webtoon, la narration ne sera pas de trop pour ajouter à l’œuvre les pensées profondes de Pénélope ; à l’inverse si l’adaptation vous est encore inconnue, ce premier tome d’une pentalogie vous convaincra certainement de vous tourner vers les sublimes dessins de Suol.
Seule la mort attend la vilaine, tome 1
Gwon Gyeoeul
Traduit du coréen par Kette Amoruso
Kotoon Éditions, 19,95€