Noir c'est noir Romans

Seoul Copycat

Dans ce premier roman de Lee Jong-Kwan, ne faites confiance à personne.

Copycat, nom anglais désignant une personne reproduisant le comportement ou les actions de quelqu’un d’autre. Copycat, c’est le nom d’un tueur en série qui sévit dans la ville de Séoul. Sa particularité ? Il tue exclusivement des criminels relâchés par manque de preuves, en copiant leurs propres crimes.

Suspect dans la disparition inexpliquée de sa femme, Kim Younghak disparaît à son tour peu de temps après avoir été libéré faute de preuves. La police étudie la piste du suicide et en vient à interroger l’enquêtrice Han Jisu, soupçonnée d’avoir poussé Kim Younghak au suicide lors d’un de ses interrogatoires. Néanmoins, pour Han Jisu, le coupable n’est autre que Copycat. Obligée de traquer le célèbre tueur en série pour défendre son honneur et sa carrière, Han Jisu se tourne vers la seule personne qui a directement été en contact avec Copycat – le capitaine Lee Suyin, hospitalisé à la suite d’une altercation avec Copycat sur les lieux d’un incendie. Le problème, c’est qu’il y a perdu la mémoire et la vue. Privé de souvenirs et de ses yeux, Lee Suyin ne peut se fier qu’à son instinct policier pour reprendre l’affaire depuis sa chambre d’hôpital.

« Il avait l’impression que ses instincts se réveillaient. Une sensation semblable à celle qu’il avait éprouvée lorsqu’il traquait le tueur s’emparait de lui. Il comprit aussitôt. Traquer le tueur était le meilleur moyen de se retrouver lui-même. » (p. 39)

Pour comprendre la motivation du bourreau, Han et Lee explorent deux autres meurtres attribués à Copycat : Han Kibum retrouvé noyé, et Lee Jeongwoo vidé de son sang. Tous deux étaient, comme Kim Younghak, les suspects principaux de leurs crimes respectifs : le meurtre d’une femme noyée dans sa baignoire, et l’assassinat d’une lycéenne sur un toit. En parallèle de l’enquête menée par notre duo principal, l’inspecteur Sohn Jiyun est incapable de se débarrasser de ses soupçons envers Han Jisu et étudie la possibilité de sa complicité dans les meurtres de Copycat.

Jonglant entre plusieurs points de vue, la narration permet réellement de faire perdurer le doute jusqu’au bout. Comme ces personnages qui s’accusent et se méfient les uns des autres, prenez garde à qui croire. Il se peut d’autant plus que la découverte de l’identité de Copycat ne signe pas pour autant la fin de l’affaire.

Lee Jong-Kwan manie le suspens avec beaucoup de souplesse et d’intensité. Ancien rédacteur dans une revue de criminologie, il n’est pas étranger aux principes d’une enquête policière et guide le lecteur dans une affaire aussi trépidante que surprenante.


Seoul Copycat
Lee Jong-Kwan
Traduit du coréen par KOO Moduk et Claude MURCIA
Matin Calme, 256 pages, 18,90€

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