Park Miran, nouvelle apparition dans la galaxie des auteurices jeunesse de Corée, nous régale avec "Quand tout devient musique", une initiation à la musique originale et poétique.
Sur la couverture de l’album, une fillette en robe rouge se dresse à la pointe d’une hampe toboggan jaune soleil, une baguette de chef d’orchestre en main ; son promontoire ainsi constitué de deux croches ligaturées fait sonner en ouverture le thème annoncé dans le titre français, au-dessus d’un paysage de forêt au-dessus duquel évoluent des oiseaux : il s’agira d’apprendre à écouter la musique du monde…
L’autrice illustratrice Park Miran imagine ainsi une introduction à la musique pour les plus jeunes qu’elle illustre avec beaucoup de finesse et de force à la fois. Son dessin au trait fin suit la fillette alors qu’elle prend sa bicyclette pour partir en promenade ; elle longe les rues de son quartier et rapidement s’éloigne dans la nature. Au fur et à mesure, les sons suggérés par le texte prennent vie dans ces petits croquis fourmillants de détails. L’image même de la musique produite naît de l’association de ces dessins en pattes de mouche, qui évoquent les signes tracés sur la partition, avec l’instrument qui résonne à l’identique. La forme de l’instrument se déploie en puissance dans le paysage, majestueuse ombre solaire sur la page et dont la silhouette parfois incomplète transforme alors l’histoire en jeu de reconnaissance : qui identifiera le ronflement de la clarinette pour « les roues de mon vélo vrombissent sur le gravier » ou la silhouette de la harpe pour « le vent chante dans mes oreilles » … ?
L’approche de Park Miran résonne avec les performances poético-loufoques d’instruments les plus improbables, un morceau de tuyau qui tournoie et fait vibrer le son dans l’air, une mélodie qui bruisse sur le bord des verres mouillés, quand d’autres virtuoses proposent aux enfants de découvrir le monde interprété par des instruments, Prokofiev dans Pierre et le Loup, Saint-Saëns dans Le Carnaval des Animaux.
Park Miran joue quant à elle, de l’attention éveillée de l’enfant et de son observation attentive de l’image, l’enfant qui regarde « tout ouïe », et augmente même sa proposition par l’évocation de certains codes d’écriture de la musique, comme sur la page de couverture, on y revient, semant de page en page les multiples indices qui permettront à l’enfant de décrypter le monde à son tour, à l’aune d’une oreille devenue musicale.
Complétée par une page récapitulative en fin d’ouvrage qui présente les différents instruments évoqués pour résoudre les derniers mystères, voici une belle et poétique proposition d’une nouvelle autrice illustratrice coréenne, dans une charmante évocation, légère et subtile, qui enchantera petits et grands lecteurs !
Quand tout devient musique Park Miran La Joie de lire, avril 2026, 15.90€ Dès 4 ans
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Sur la couverture de l’album, une fillette en robe rouge se dresse à la pointe d’une hampe toboggan jaune soleil, une baguette de chef d’orchestre en main ; son promontoire ainsi constitué de deux croches ligaturées fait sonner en ouverture le thème annoncé dans le titre français, au-dessus d’un paysage de forêt au-dessus duquel évoluent des oiseaux : il s’agira d’apprendre à écouter la musique du monde…
L’autrice illustratrice Park Miran imagine ainsi une introduction à la musique pour les plus jeunes qu’elle illustre avec beaucoup de finesse et de force à la fois. Son dessin au trait fin suit la fillette alors qu’elle prend sa bicyclette pour partir en promenade ; elle longe les rues de son quartier et rapidement s’éloigne dans la nature. Au fur et à mesure, les sons suggérés par le texte prennent vie dans ces petits croquis fourmillants de détails. L’image même de la musique produite naît de l’association de ces dessins en pattes de mouche, qui évoquent les signes tracés sur la partition, avec l’instrument qui résonne à l’identique. La forme de l’instrument se déploie en puissance dans le paysage, majestueuse ombre solaire sur la page et dont la silhouette parfois incomplète transforme alors l’histoire en jeu de reconnaissance : qui identifiera le ronflement de la clarinette pour « les roues de mon vélo vrombissent sur le gravier » ou la silhouette de la harpe pour « le vent chante dans mes oreilles » … ?
L’approche de Park Miran résonne avec les performances poético-loufoques d’instruments les plus improbables, un morceau de tuyau qui tournoie et fait vibrer le son dans l’air, une mélodie qui bruisse sur le bord des verres mouillés, quand d’autres virtuoses proposent aux enfants de découvrir le monde interprété par des instruments, Prokofiev dans Pierre et le Loup, Saint-Saëns dans Le Carnaval des Animaux.
Park Miran joue quant à elle, de l’attention éveillée de l’enfant et de son observation attentive de l’image, l’enfant qui regarde « tout ouïe », et augmente même sa proposition par l’évocation de certains codes d’écriture de la musique, comme sur la page de couverture, on y revient, semant de page en page les multiples indices qui permettront à l’enfant de décrypter le monde à son tour, à l’aune d’une oreille devenue musicale.
Complétée par une page récapitulative en fin d’ouvrage qui présente les différents instruments évoqués pour résoudre les derniers mystères, voici une belle et poétique proposition d’une nouvelle autrice illustratrice coréenne, dans une charmante évocation, légère et subtile, qui enchantera petits et grands lecteurs !
Quand tout devient musique
Park Miran
La Joie de lire, avril 2026, 15.90€
Dès 4 ans