
Avec le succès des films Obsession (réal. Curry Barker) et Resident Evil (réal. Zach Cregger) cette année, 2026 semble être l’année de l’horreur. Les Coréens, eux, ne font pas exception. Quelques mois avant la sortie du Palais de l’Est, c’est le k-drama If Wishes Could Kill qui nous introduit au chamanisme coréen et aux esprits vengeurs au travers de huit épisodes. Sorti cet été 2026, Le Palais de l’Est (The East Palace) est le dernier ajout Netflix aux K-dramas horrifiques et nous transporte sous une version altérée de la dynastie Joseon. À l’approche d’Halloween, nous nous intéressons aujourd’hui aux différents types d’esprits présents dans la mini-série.
Au sein du palais de l’est, une malédiction s’abat sur la famille royale : chaque prince héritier perd la vie dans des circonstances étranges. Pour l’ensemble de la cour, c’est la faute de l’esprit du lac. Le roi fait donc appel à Gu-cheon (Nam Joo-hyuk), un homme capable d’entrer dans le monde des esprits. Accompagné de Saeng-gang (Roh Yoon-seo), une femme de la cour capable d’entendre les morts, ils ont pour mission de comprendre qui est l’esprit du lac et de le mettre hors d’état de nuire.
Au cours des épisodes, les deux protagonistes rencontrent plusieurs types de gwishin 귀신 – les esprits vengeurs. Mais que sont-ils exactement ? Les gwishin sont des esprits n’ayant jamais pu passer dans l’au-delà, car ils ont encore des affaires à résoudre dans le monde des mortels. Dans la série, il existe différents types de gwishin, certains parfaitement inoffensifs tandis que d’autres sont extrêmement dangereux – et Netflix a justement publié un guide pour les différencier selon la profondeur de leur douleur*.
Les gwi 귀
Comme le mentionne Claire Choe dans son article pour Netflix Tudum, les gwi sont des esprits inoffensifs et ne représentent aucun danger pour les vivants. Ils sont des esprits errant par nostalgie plutôt que par malice, motivés par une chose qu’ils ne peuvent abandonner. Ce gwi, issu du caractère chinois 鬼, signifie « esprit », « âme », et se retrouve par exemple dans le mot gwishin, ou les autres créatures que nous allons présenter.
Dans Les Annales de la dynastie Joseon, on utilise également le terme yogwi (litt. « esprit séduisant, malicieux ») pour désigner les mauvais esprits*. Ce sont ces mêmes caractères chinois qui ont donné le mot yōkai chez les Japonais – un terme utilisé pour désigner les phénomènes surnaturels.
Les won-gwi 원귀
Le terme won-gwi est assez évocateur, composé de gwi et du won de « wonhan 원한 », la rancune. Guidés par ce sentiment néfaste, ils peuvent donc s’en prendre aux innocents. Dans l’épisode 2, quand Saeng-gang se propose d’enterrer les ossements de l’esprit du magasin de sel, Gu-cheon la devance et explique devoir plutôt les réduire en poudre :
« Les won-gwi sont des esprits qui ne peuvent pas passer dans l’au-delà à cause du poids de leur profonde rancœur. Mais avec des choses qui leur rappellent qui ils étaient, on peut faire s’évanouir cette rancœur, et donc les envoyer dans l’au-delà. » (traduction officielle de Netflix)

Les ak-gwi 악귀
Les ak-gwi sont les esprits les plus dangereux. Leur nom vient du ak de « akma 악마 », qui signifie le démon. Ce sont généralement les esprits de personnes profondément malveillantes, ou bien des won-gwi dont la rancœur s’est changée en quelque chose de plus violent et puissant au fil du temps. Dans l’épisode 3, Gu-cheon lui-même menace de se transformer en ak-gwi : « Si je meurs entre ces murs, je reviendrai en ak-gwi d’une puissance et d’une cruauté sans égales. ». Ses traversées vers le monde des esprits pèsent lourdement sur son énergie vitale, comme en témoigne le reste de l’épisode.

Les gwi-mae 귀매
Enfin, le terme gwi-mae provient du folklore chamanique. Contrairement aux autres gwi de la liste, il ne s’agit pas de l’esprit d’un défunt : ce sont des êtres surnaturels nés de l’accumulation d’énergie négative (yin) et se nourrissant d’énergie positive/vitale (yang). Le palais est donc le lieu parfait pour leur prolifération.
Le roman Gwi-mae de Yoo Eun-ji, initialement publié en 2002 puis réédité en 2024, est un grand succès de la littérature occulte sud-coréenne, qui explore parfaitement l’image du gwi-mae et autres créatures folkloriques. L’histoire est celle d’étudiants venus à Busan pour travailler sur des rituels villageois en voie de disparition. Mais à leur arrivée, ils apprennent qu’une vague de suicide a récemment eu lieu, et Hye-rin, une des doctorantes, commence à être hantée par une vision de sa propre mort. Le livre illustre la portée culturelle du chamanisme en tant que religion à part entière.
Dans la série aussi, les gwi-mae apparaissent sous des formes variées. Ils circulent librement et on ne peut les exorciser. L’adorable kkeokmeoksari qui poursuit Gu-cheon au fil des épisodes en est un exemple. Mais contrairement aux autres gwi-mae, le petit être préfère réclamer de la nourriture humaine et en vient même à créer un lien affectif avec Gu-cheon.

Le Palais de l’Est est donc le visionnage idéal pour Halloween, sans pour autant être plus terrifiante que nécessaire. Entre esprits vengeurs, amour interdit et trahison au sein de la cour royale, chaque épisode a son lot de rebondissements, ne vous laissant jamais sur votre faim. La question est : êtes-vous prêt à entrer dans le palais ?
Le Palais de l’Est
Scénario de Kwon So-ra et Seo Jae-won
Réalisation de Choi Jung-kyu
Netflix, 2026

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