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The Druid of Seoul Station

Dans le dernier webcomic des éditions Kbooks, un homme se retrouve plongé pendant plusieurs années dans un monde de bêtes, avant de revenir sur la Terre dans le but de sauver le monde. Bestialité et humanité se confrontent alors en lui.

Suivant les traces de son frère populaire Solo Leveling (나 혼자만 레벨업), The druid of Seoul Station (서울역 드루이드 – 2021) crée peu à peu son chemin dans les webcomics fantastiques des français. Une histoire faisant écho à un film d’animation Disney que la majorité des lecteurs auront vu et apprécié dans leur enfance : Tarzan. En effet, sans la présence de monstre, de magie, de donjon, en outre, sans le fantastique, ce webcomics serait, à peu de chose près, sa reproduction parfaite. Ce point sera traité plus en détail ci-après.

J’en ai marre, je rêve de vivre dans un monde où les humains n’existent pas.

Page 2, Personnage principal Park Suho

Tout commence avec le souhait de Park Suho qui évoque sa difficulté à vivre en société.  

A peine eut-il pensé cette phrase, que des éclairs tombèrent du ciel et détruisirent de nombreux bâtiments. Un chaos s’étendit sur toute la Terre, manquant de tuer le jeune homme qui, sous une bonne étoile, se fit envoyer dans le monde dont il rêvait. Lorsqu’il se réveilla nu, dû au changement de planète, Suho se retrouva nez à nez avec un ours qui, après quelques instants, se fit attaquer par une meute de loups. C’est ainsi qu’il découvrit une culture différente où la loi du plus fort règne et où aucun humain n’existe. 

Ce n’est que quelques centaines d’années plus tard, passées à survivre sur une Terre peuplée de créatures hostiles, qu’il sera renvoyé sur sa planète d’origine. Il devra y réapprendre à vivre en société mais surtout, il découvrira que ce monde a changé et qu’il doit le protéger.

Le scénario du premier tome de The Druid of Seoul Station se déroule essentiellement sur Terre bien que les premiers chapitres soient des flashbacks qui se développent dans un autre monde. Ceux-ci sont reconnaissables par les bordures noires qui délimitent le passé du présent. Ils présentent le personnage, la dure vie de survivant, les combats accomplis, les alliances créées… À la première lecture, le lecteur a du mal à déterminer la différence temporelle à cause des cases de la vie présente glissées dans les flashbacks. En effet, suite à son retour, Park Suho explique ce qui est arrivé dans le monde inconnu à un psychologue, lequel en déduit son état psychologique. Un passage très intéressant qui montre que même dans un monde où la magie règne, il peut se trouver des personnes déments qui ont besoin d’être soignés. Cet extrait permet un clin d’œil à la réalité, rappelant les soldats qui doivent se réhabituer à la vie courante. 

C’est de la magie ? C’est amusant !

Page 181, Personage Suho
Page 218

La personnalité du personnage principal avant la catastrophe n’est pas développée dans ce tome. Les lecteurs rencontrent l’ancien Suho à travers des moments passés avec des personnages de son ancienne vie. On y apprend que Suho n’avait pas de très bon liens familiaux, il préférait ignorer son frère en détresse que de se retrouver dans un combat dont il ne connaissait pas le résultat. Pourtant, dès son retour sur Terre, il se hâte de chercher les survivants de sa famille pour les aider et les protéger. Que s’est-il passé pour que le jeune homme change sa vision par rapport à son entourage ? Peut-être est-ce grâce aux attaches faites dans l’autre monde, celles qui ont poussées Suho à choisir un camp et à se battre pour le protéger. 

De la même manière que Tarzan, The Druid of Seoul Station traite d’un combat perpétuel se trouvant dans notre société actuelle; l’instinct primaire face à la société moderne. En effet, tout au long de ce premier tome, Suho se rend compte qu’il n’a pas la même façon d’agir que les autres. Le monde a changé et la longue vie passée en compagnie d’animaux n’a pas aidé le protagoniste a évoluer “mentalement”. Pour lui, la force prévaut sur la réflexion. C’est pour cela qu’il se lance tête baissé en quête d’argent, surpassant les lois et les règles établis. Suho dispose même de comportements animaliers : il mange à même le sol, renifle les personnes, s’accroupit comme les singes tel le Tarzan de Disney. Tant de choses qui font réfléchir sur la fine ligne entre l’état de nature et l’état de culture que les sociologues adorent tant traiter. 

Pour ce qui est de l’aspect visuel du webcomic, le trait fin et précis des illustrations fait écho à ceux des mangas; des visages se terminant en pointe, des yeux en amandes typique de ce genre, des cheveux réalisés en plusieurs “gros” traits. Cependant, The Druid of Seoul Station se rapproche aussi d’un autre style, celui des bandes dessinées traditionnelles. Le dessinateur liveBEAR (aussi nommé Hwalseonggom 활성곰) s’est potentiellement inspiré de leurs couleurs, de leurs décors et par moment des expressions du visage. De plus, la disposition des cases ressemble plus aux bandes dessinées traditionnelles qu’aux mangas ou aux webcomics. Ce mélange de genre se remarque majoritairement dans les scènes d’action où la technique ancestrale du traçage de traits sans règle des mangakas s’assemble avec les couleurs, les positions des personnages, et les passages où les protagonistes semblent être des superhéros. Une association aussi surprenante que prodigieuse. 

Le combat sanglant des super-héros de rang S ! Le championnat SPF !!

Page 84, citation d’une radio coréenne

De nouveaux, les éditions KBOOKS ont misé sur un webcomic fantastique regroupant de nombreux éléments provenant de jeux vidéo. Outre les interfaces virtuelles, les points de compétences et les monstres, les lecteurs adeptes de ce monde virtuel se rendront rapidement compte d’un détail encore très peu, ou même jamais encore vu dans les webcomics : un compagnon de route animalier. Dans de nombreux jeux et même dans certains films, le protagoniste est suivi d’un animal qui l’aide tout au long de son périple et avec qui le joueur développe une bonne relation. Une surprise qui réjouit de nombreux fans de jeux vidéo, de fantastique et de science-fiction. 

Nouvel étonnement, la présence de scènes violentes et de sang. A la différence de nombreux webcomics tels que Solo Leveling, The Druid of Seoul Station ne fait pas de censure, laissant les lecteurs découvrir des illustrations où la couleur rouge règne et où des combats sont réalisés contre des humains, ce qui n’a encore jamais été aperçu. Cet aspect unique montre une nouvelle facette des bandes dessinées coréennes. Un gros atout pour se démarquer !

Cependant, si dans True Beauty, Solo Leveling et Hellbound, les couvertures des tomes reflètent l’intérieur du livre, celle de The Druid of Seoul Station ne fait en rien écho à l’histoire. Pour l’instant, Park Suho est bien loin d’être ce personnage pouvant utiliser de la magie et se transformer en ce personnage charismatique. Les lecteurs découvriront sûrement la raison de cette illustration dans les prochains tomes de cette série, en attendant, la curiosité et le suspense laissent en haleine de nombreuses personnes.  

Pour finir, l’oeuvre de Mun Sung Ho (문성호) est une adaptation d’un roman coréen très populaire de plusieurs tomes, quatre pour être exacte, de Jin Seol Woo (진설우). Avec ses thèmes plutôt originaux et cette nouvelle façon de montrer les scènes d’action, ce webcomics transporte les lecteurs dans un univers transformé, leur faisant réfléchir à la place de l’homme dans la société mais aussi à la place de la famille, en plus de faire des références au célèbre Disney, Tarzan

Le deuxième tome sortira le 26 octobre 2022.


The Druid of Seoul Station, tome 1
MUN Sung Ho et JIN Seol Woo
Kbooks, 224 pages, 14,95€

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