Chroniques

Atlas de Séoul

Le nouvel opuscule de la géographe Valérie Gélezeau nous aide à poursuivre l’inlassable désir de saisissement de cette ville. Nous avions apprécié le  Séoul ville géante, cités radieuses[1] qui se poursuit dans ce petit livre de la collection Mégapole et que tout amoureux de Séoul et de la Corée ou bien tout enseignant ou chercheur consultera avec plaisir. Séoul, ville majeure au développement effréné, ville mondialisée, au moins en partie, ville écran qui laisse à croire que la Corée tout entière est à son image. Ville monde et pourtant si peu cosmopolite. Ville littéralement coupée en deux par le fleuve Han et qui fait dire trop rapidement que le moderne est au sud tandis que l’ancien est nord du fleuve. Ainsi sont exclues du nord, et donc de la modernité, les traces d’une culture riche, d’une tradition vivante, d’une socialité aux formes anciennes que l’on ne retrouve plus dans le sud, ou du moins très inégalement. On fera référence aux quartiers de Cheongnyangni, de Sillimdong, sans compter les quartiers autour des palais royaux.

Séoul trouvera son essor à partir des années 65-70 sous la double impulsion delà politique autoritaire de Park Chung-hee d’un côté et d’autre part, des investissements américains, eux-mêmes succédant aux investissements japonais de la période 1915-1935. Aujourd’hui, Séoul tire les 2/3 de la croissance économique du pays, tout en réussissant à repousser ses usines en périphérie, mais pour combien de temps encore.

Ville verticale, particulièrement dans le sud, à la circulation impossible malgré les tentatives de résoudre les problèmes posés, dont l’amour inconditionnel des Coréens pour l’automobile. Ville peu cosmopolite malgré la politique menée pour attirer les travailleurs et les étudiants étrangers.

Ce livre qui ne rechigne ni aux cartes ni aux illustrations est le petit livre idéal pour avoir une connaissance de Séoul, autre que celle que proposent les guides, même si format du support oblige, des absences, comme celle du rapport entre politique et géographie, donnent envie d’en savoir plus.

Jean-Claude de Crescenzo

[1] Séoul, ville géante, cités radieuses, Valérie Gélezeau, CNRS éditions, 2003.


ATLAS DE SÉOUL
Valérie GÉLEZEAU
Éditions Autrement, 88 pages.

 

1 Kommentar zu “Atlas de Séoul

  1. Pingback: Une île sans rivages – Keulmadang

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